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1939 :
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1939 : la Guerre d'Espagne se termine, les Républicains espagnols ont perdu, Barcelone vient de tomber et Franco le psychopathe a réussi son coup d'état entamé en 1936, aidé plus ou moins en loucedé par les nazis et les fachistes italiens.
Pour beaucoup de familles, il faut fuir vite, très vite même, car les représailles sont et seront brutales, sanglantes.
Où se réfugier ? En France, principalement.
Ce sera la RETIRADA, le retrait.
Et là, la désillusion sera sévère.
L'accueil ne sera pas à la hauteur, c'est le moins que l'on puisse dire. |
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• En résumé, début 1939, nationalement et régionalement.
Nous pourrions en faire des pages et des pages concernant la Retirada. D'autres l'ont fait avec talent, réalisant un travail fouillé, sérieux, mieux que nous ne pourrons jamais le faire.
D'ailleurs, n'hésitez pas à consulter la bibliographie que nous vous proposons, en cliquant sur notre logo ci-dessous :

En résumé, donc, les français "accueillirent" un demi-million d'espagnols en les considérant comme des sous-êtres mal venus, et en créant pour beaucoup d'entre eux des camps que l'Etat français de l'époque n'hésitera pas à nommer "camps de concentration" ou "camps d'internement".
Nous parlons bien sûr ici de l'Etat Français, et non de nombreuses communes qui, dans leur diversité, auront une toute autre attitude envers les réfugiés (Pessac, etc...).
Conséquence directe : les familles seront de toute façon séparées, merci la France. Elles ne seront souvent regroupées que bien plus tard.
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Nous vous avons présenté le drapeau monarchiste dans l'article précédent. Voici maintenant le drapeau républicain. Nous ne vous présenterons pas le drapeau espagnol franquiste, parce qu'il est pas beau.
Voilà, c'est ça, la neutralité :) |
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• Septembre 1939, le temps tourne carrément à l'orage.
Là-dessus, en septembre 1939, démarre la Seconde Guerre Mondiale, les rottweillers allemands débarquent à en France à bord de leurs tanks, "Paris-Pigalle-jolies madames", et beaucoup d'hommes espagnols se retrouveront à construire des bunkers pour Hitler.
Pire, une grand nombre finira dans des camps de concentration nazis ou seront redirigés vers l'Espagne : par exemple, le 20 août 1940,près de 900 républicains espagnols furent déportés d'Angoulême vers Mauthausen, en Autriche, puis vers l'Espagne. On avait du très méchant type, en Allemagne quand même, à cette époque.
Bien. Encore une fois, c'est du très résumé et vous trouverez plein de sites détaillant cet épisode peu glorieux de l'Histoire de France.
Par exemple, cliquez sur le globe ci-dessous :

Et si ce qui est écrit sur ce site ne vous convient pas, n'hésitez pas à nous en proposer d'autres. |
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• Les Landes et la Gironde.
En définitive, ce seront 150.000 personnes qui fuiront vers la France à partir de 1936 car depuis le début de la Guerre d'Espagne, en 1936, un exode avait tout de même débuté dans les départements limitrophes de l'Espagne, puis vers les Landes et la Gironde, ne concernant d'ailleurs pas forcément que des Républicains Espagnols.
Plus de 500.000 arriveront début 1939.
Les familles souvent dispersées se retrouveront dans différents coins de France et seront réparties dans 77 départements.
Les camps d'internement évoqués plus haut se situeront plutôt dans le Sud-Est (Argelès-sur-Mer, Bram, Vernet, etc...), même si on trouve aussi de minuscules camps d'accueil comme celui de Tarnos, dans les Landes.

- Le Camp de Gurs, dans les Pyrénnées-Atlantiques -
En bref, il semblerait que 4500 espagnols, surtout des femmes, des enfants et des hommes non combattants furent accueillis dans les Landes et 100.000 autres passèrent par la Gironde, soit pour y demeurer, soit pour repartir au combat, ou partir vers d'autres pays.
Il est extrêmement difficiles de disposer de chiffres précis car, comme le montrent certains témoignages, le "recensement" dans les camps était plus ou moins juste, et du moins très imprécis. |
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| UN SALE BONHOMME |

- Franco fit appliquer la peine de mort
en utilisant le garrot jusqu'en 1975.
Oui, c'était il n'y a pas si longtemps. - |
Franco était un très sale bonhomme qui, après la guerre, fit tuer plus de 50.000 espagnols. Grand amateur du garrot, il fit réintégrer ce mode d'exécution immmonde dans le Code Criminel en 1938.
Par ailleurs, il avait toujours prétendu qu'il ne voulait pas participer à la Seconde Guerre Mondiale, tenant à rester neutre pour protéger son pays. Pourtant, le travail de nombreux historiens (entre autres Paul Preston) montre que c'était un bon gros mensonge. En effet, Mussolini et Franco étaient plutôt des boulets pour Hitler et il semblerait que celui-ci ait tout fait pour que l'Espagne ne se mêle pas de "sa" guerre.
Preuve s'il en est, Franco n'hésita pas à envoyer 47.000 soldats de sa division Azul sur le Front russe. |
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Nous avons pu disposer de plusieurs témoignages concernant cette époque maudite dans nos villages. En effet, beaucoup d'habitants d'ici sont issus de familles mixtes franco-espagnoles et la parole se libère assez facilement.

Par contre, ami lecteur, ces témoignages resteront anonymes. Et d'une, pour ne pas mettre le bronx dans les villages, et de deux parce que tous ces témoignages ne peuvent pas être prouvés. Ce sont des ressentis, qui furent terribles parfois, et ce sont des réalités qui, si elles furent... euh, réelles, n'ont pas été photographiées ou enregistrées. Parce que les réseaux sociaux et la télévision n'existaient pas à l'époque.
Il n'y a que le vent qui a tout vu et entendu. Et il en a vu et entendu. |
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• Les témoignages : "t'es qui, toi ?"
Comme indiqué dans l'encart ci-dessus, nous disposons de plusieurs témoignages d'espagnols qui ont vécu cette période par ici, ou bien qui sont les enfants de celles et ceux qui l'ont vécu. Une vingtaine de personnes habitant une dizaine de villages d'ici nous a raconté la période 1939-1945, et plus tard.
Si on résume tout : c'était pas la joie, d'être réfugié ici.
Bien entendu, on aurait aimé des tas de témoignages enthousiasmants, mais bon, voilà, on n'en a pas eu.
Y'en avait pas. Ou très peu.
Si vous connaissez des épisodes heureux où l'altruisme a montré le bout de son nez et même le nez entier, on est vraiment preneur.

Même s'il y eut ponctuellement des actes d'accueil, de gentillesse, d'entraide morale et matérielle d'individu à individu, en général, c'était plutôt "que vient faire cet emmerdeur d'étranger ici ?".
Le pourquoi est intéressant.
La lande est un monde.
Les gens y vivaient en AUTARCIE, et ce depuis des siècles, plus encore qu'ailleurs.
Et tout d'un coup, y débarquent des tas de femmes, d'hommes et d'enfants qui parlent un jargon incompréhensible et dont on ne sait absolument pas pourquoi ils arrivent dans les villages. BFMTV ou France Info, ça n'existait pas à l'époque et si de nos jours, on peut sans difficulté connaître la marque préférée des pompes d'un ministre, dans les années 39, l'actualité dans les pins était au mieux celle du village d'à côté.
Les amateurs de généalogie comprendront de quoi on parle. On se mariait avec quelqu'un du quartier, ou plus rarement, avec quelqu'un du village un peu plus loin.
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- Photo manuel Moros -
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Alors, n'est-ce pas, voir débarquer des espagnols affamés, terrifiés, souvent malades, ça surprend et inquiète. Sans parler de xénophobie, on peut juste dire qu'apparemment les bras ne se sont pas ouverts en grand. C'était le refrain classique : "ils vont nous piquer notre travail, notre manger et nos maisons. Sans compter nos femmes".
Le manque d'empathie fut en général la règle dominante.
Pourtant, les espagnols en question, ceux qui débaroulèrent dans le Sud-Gironde et le Nord des Landes n'avaient rien choisi. A leur arrivée en France, soit par la frontière, soit en bateau, on les avait envoyés dans la lande parce qu'à l'époque, c'est là qu'il y avait du boulot. La Grande Forêt était encore nourricière.
Il furent donc journaliers, domestiques, gemmeurs, bûcherons. Ils prirent les boulots qu'on leur donnait.
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ON NE DEVRAIT PAS
EN RESTER LÀ,
QUAND MÊME !? |
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Nous avons pu obtenir pas mal de témoignages, mais la plupart sont attristants et ne valorisent pas vraiment les français de l'époque.
Si vous disposez de choses plus encourageantes, nous sommes bien sûr preneurs.
C'est bien mieux quand l'humain est humain, non ?

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• Les "caraques".
Dans les grandes villes, les réfugiés furent bien mieux accueillis, aidés en cela par des partis de gauche puissants qui organisèrent tout ce qui fallait organiser pour aider ces gens en errance, perclus d'angoisse et de tristesse. Ben oui, imagine-toi à leur place.
Mais d'Illats à Callen, l'espagnol ne fut pas le bienvenu. Beaucoup de villages du coin ont eu leur rue des "espagnols", même si elles ne s'appelaient pas vraiment comme ça.
Baraquements misérables et précarité étaient le lot du quotidien, d'autant plus que le landais de souche subissait lui-même les retombées de la guerre, la zone occupée englobant en plus quasiment toute la Gironde et toutes les Landes.
Un exemple ? Dans le coin, on nommait "caraques" les fraichement débarqués de la péninsule, terme insultant dans l'intention, et qui signifiait plus ou moins "les bohémiens, les vagabonds, les romanos", quoi.
Il y avait aussi les "Espingouins", les "Espingos".
Ambiance.
D'ailleurs, beaucoup de témoignages parlent de vécus humiliants.
"Humiliation"...
On a entendu ce mot à plusieurs reprises. |
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- Se mettre à sa place. Juste pour bien piger le truc. -
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• L'intégration.
Le temps a passé, les mariages franco-espagnols furent monnaie courante. Beaucoup d'ibériques manièrent très vite mieux le français et le gascon que les autochtones, et voilà.
L'intégration fut complète et enrichissante pour tout le monde. Mais jalonnée de durs moments.
Quoi qu'il en soit, il faudra quand même attendre 1945 pour que les espagnols obtiennent le statut de réfugiés.
Pourtant, pourtant... mal accueillis dans un pays où la méfiance et la suspicion l'ont emporté sur la sympathie, les républicains espagnols se sont battus en très grand nombre dans la Résistance pour la France.
Y'a pas de justice, dans ce monde, tiens.
Mais... après 1945, il s'est passé quoi ? La suite dans notre prochain article, promis.
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Florentino Bernabe Munoz :
waou.  |
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Florentino Bernabe Munoz, espagnol réfugié en France, fut un héros au service de la France en juillet 1944.
Son action aura permis que des explosifs installés par les allemands au quartier de Jouanet ne détruisent tout ou partie du village de Saint-Symphorien.
Il avait en effet coupé les dispositifs de mise à feu et, en plus , excusez du peu, ramené en même temps les corps de deux
résistants, Burkard et Lafont, torturés et mutilés par nos tellement immondes nazis d'outre-Rhin.
Une reconnaissance officielle n'interviendra que de trop longues décennies après, grâce à l'action bienvenue du maire d'alors, M. Dupiol. Il fit en effet installer lors d'une cérémonie en 2011 une plaque commémorative à la chênaie du stade du village.

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On finit positif ? 
Une fille de réfugiée espagnole nous a raconté que dès 1940, la famille d'un airial voisin avait apporté des œufs frais à sa mère et à elle pendant 6 ans.
Des œufs frais. Chaque semaine. 6 ans.
Respect à la famille de l'airial voisin.

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Bien entendu, on le redit, PINSPON ne dispose pas du savoir absolu et cet article a été écrit à partir de tas de renseignements glanés sur Internet, mais aussi dans des livres avec des pages en vrai papier. Les sources sont trop nombreuses pour être toutes citées sur cette page, mais nous restons à votre disposition pour de plus amples précisions.
N'hésitez pas, cependant, à consulter la bibliographie présente dans ce dossier, en cliquant sur le tas de livres ci-contre. |
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