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En cette fin d'hiver, la tempête Nils, en Nouvelle-Aquitaine entre autres, a fait de sacrés dégâts. Arbres arrachés, lignes électriques coupées furent de la partie. Alors que les expériences du passé (telle que la tempête de décembre 1999) auraient dû permettre d'apprendre, de tirer des leçons, que constate t-on ? Que dans nos zones rurales, les choses n'ont pas vraiment changé. On en parle.
Ah, oui, tiens, tant qu'on y est, on vous causera aussi de la notion de Force Majeure, ça va vous intéresser, ça parle d'argent pour vos poches.
On démarre par un florilège des dysfonctionnements ? C'est parti !
Bonne lecture. |
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Quoi, comment ?
Des maires
ignorés
par
Enedis ? |
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• Les élus ? Zont fait ce qu'ils pouvaient, du mieux qu'ils le pouvaient.
C'est désormais confirmé, dans nos Landes de Gascogne et autour, nombre de maires ont dû se débrouiller souvent tout seuls, le gestionnaire de réseau, Enedis ne répondant parfois même plus aux appels. Chacun ou chacune de ces élus a essayé de soutenir les habitants de sa commune et d'amener des solutions temporaires à des administrés un tantinet bousculés, avec les moyens du bord. Parfois, ça a été vraiment difficile, les nerfs des habitants commençant à lâcher, et les mots qui dérapent n'étaient jamais bien loin.
Les élus ont joué leur rôle dans des dizaines de communes locales, c'est un fait, et donc, respect.
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(Photo PinsPon) |
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Les sinistrés ?
De beaux gestes. |
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• Fait froid un peu, non ?
Du jour au lendemain de nombreux habitants, notamment dans les quartiers externes des villages n'ont plus eu d'électricité. De mauvais souvenirs revenaient se promener dans les têtes, mais bon, on n'était plus en 1999, tout ça allait s'arranger rapidement, d'autant plus que les grands chefs d'Enedis, là-haut, expliquaient dans les médias qu'ils envoyaient des armées de techniciens sur place.
Bien, très bien. Mais non, ça ne s'est pas passé comme prévu et ils nous ont joué du pipeau (voir plus loin).
Electricité coupée, Internet à la rue, mobiles parfois muets, ça se présentait mal. Et
les jours suivants confirmèrent la tendance : plusieurs jours après la tempête du mercredi 11 février, beaucoup d'habitants apprenaient ou réapprenaient les joies du chauffage grâce à la cheminée (quand il y en avait) et de la toilette à l'eau froide (quand il y en avait).
Le 24 février, il restait encore des maisons sans électricité.
Point positif, les gens se sont vraiment entraidés et ça faisait plaisir à voir.
Bien sûr, il y eu des cas minables, comme ces habitants qui avaient du courant, mais qui râlaient parce que le groupe électrogène difficilement trouvé par une maison sinistrée un peu plus loin faisait du bruit...
Mais, quoiqu'il en soit, pourquoi autant de temps pour réparer ? Parce que les travaux étaient incroyablement difficiles dans certains lieux ? Non, non, vous n'y êtes pas du tout.
On explique en dessous. |
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Le service public n'est plus public.
Tout est dit. Enedis fait partie d'EDF.
Plus précisément, EDF est un fournisseur d'électricité et de gaz tandis qu'Enedis assure la distribution de l'électricité (quel que soit le fournisseur d'électricité choisi). Enedis entretient donc le réseau.
EDF étant une société privée, Enedis est donc privé.
Qui dit privé, dit concurrence et rentabilité, toute idée de service public s'éloignant alors au très grand galop.
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(Photo PinsPon)
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Aérien ou enterré ? Aérien, mon lapin.
Des décennies après les grandes tempêtes, les poteaux sont souvent toujours là, dans beaucoup de zones rurales. Vous n'avez qu'à lever le nez, ils vous surplombent.
De toute façon, plus grand chose ne sera sans doute enterré à l'avenir, les décideurs considérant que ce serait trop cher pour un habitat dispersé (la campagne, ça veut dire).
La France est d'ailleurs à la traine et le restera très probablement. Environ 50 % du réseau moyenne et basse tension est caché sous terre dans notre pays, contre 70 % pour les Allemands et 63 % pour les Britanniques, par exemple.

On pourrait dire d'ailleurs la même chose pour la fibre qui a été installée en "aérien" dans nos contrées.
On vient de voir le résultat.
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La gestion de la crise.
Du grand n'importe quoi, de l'avis de nombreux locaux.
Prenons un exemple : quand vous arriviez à avoir un standard d'Enedis, c'était parfois pour vous entendre dire que votre quartier était réparé. Ah bon ? Et les fils par terre, c'est du fake ?
Alors vous expliquiez une fois de plus, et votre interlocuteur prenait bonne note, courtoisement ou pas, de votre "petit" problème.
Deux, trois jours après, ne voyant rien venir, vous appeliez encore, normal, pour vous entendre dire que non, rien n'était signalé concernant votre maison. Ce gag a eu lieu dans plusieurs communes, vrai.
De même, ces fils couchés à terre sur le terrain d'un client, étaient-ils encore sous tension ou pas ? Impossible de vraiment le savoir, les réponses selon les jours et les personnes compétentes étant contradictoires.
Les techniciens ? Oui, on apercevait bien des techniciens de sociétés sous-traitantes qui n'y pouvaient rien, obéissant à des ordres inconnus du tout-venant, courir ventre à terre d'un point à un autre, sans grande cohérence apparente. On commençait une réparation là, on en finissait une autre ailleurs.
Mais bon, on n'était pas inquiets, on se disait que les dirigeants, chez Enedis, savaient ce qu'il faisaient, eux et que tout ça allait être réglé vite fait, même que... non, on plaisante.
Les habitants, de toute façon, loin des bureaux des décideurs, ne comprenaient pas trop le planning des dépannages. Mais il faut faire confiance aux professionnels des gestions de crise, n'est-ce pas ?

Au fait, peut-être vous êtes-vous imaginés que les réparations allaient être effectuées de jour comme de nuit sans relâche pour aider les sinistrés ? Ce n'est pas si simple, non, non, les équipes étaient astreintes à un nombre limite d'heures et beaucoup venus de loin se retrouvaient un peu contre leur gré à l'hôtel à 16h, ne savant plus trop quoi faire de leur temps.
Enedis et la gestion de la crise...
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Enedis et la communication.
• Les opérateurs de téléphones mobiles et d'Internet ont constamment communiqué. Utile ou pas, peu importe, ils l'ont fait au jour le jour, Orange allant jusqu'à proposer de prêter des Airbox (Livebox autonomes).
• Les mairies ont communiqué.
• Enedis n'a pas communiqué.
Du tout.
Au même titre, par exemple, que la SNCF qui laisse des voyageurs dans des trains en panne.
Autrefois, il existait des infos sur l'avancée des travaux, sur la possibilité d'installation de gros groupes électrogènes dans les quartiers. C'est fini. Y'a plus.

Circulez, on n'a rien à vous dire, cochons de clients. On travaille, foutez-nous a paix.
Attendez dans le noir, ça va viendre.
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Qui sont les responsables, au final ?
Pas les mairies.
Pas les équipes d'intervention.
Pas les équipes locales d'Enedis.
On dira gentiment que la privatisation des services publics initiés par des gouvernements de têtes d'œufs, obsédés par la rentabilité et la concurrence, ainsi que la gestion des crises par d'autres têtes d'œufs ont largement démontré l'ampleur du souci.
Et ce n'est pas fini. Entre les inondations, les incendies les tempêtes et tout le reste, on a encore de beaux (!) jours devant nous.
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Les techniciens d'Enedis (ou des sociétés sous-traitantes) ne sont pas à mettre en cause, par contre leurs dirigeants et managers, eux, sont complètement passés à côté de la gestion de cette crise. |
| (Photo PinsPon) |
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Enedis et les dédommagements :
ici, pas de cas de
force
majeure ! |
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• Et paf !
Le vent a méchamment soufflé, les inondations ont cruellement inondé, et paf, on a un réseau électrique dans les choux. 900 000 clients de Nouvelle-Aquitaine et d'Occitanie ont adoré le prénom Nils.
Cette fois, Enedis ne pourra pas invoquer la "force majeure" pour dire que tout ce chaos, ce n'est pas de leur faute. Dans le cas de la tempête Nils, par exemple, tout était prévisible et un opérateur industriel doit prévoir désormais ce genre de situation.
Le réchauffement climatique, tout le monde sait désormais les dégâts que ça cause il faut être un amoindri des neurones pour ne pas comprendre que l'évolution du climat est une réalité.

• 5 heures consécutives
Du coup, les habitants sinistrés sont en droit dans la plupart des cas d'obtenir un dédommagement.
Bien sûr, il y aura dans certaines situations des clauses restrictives, mais les possibiltés de dédommagements sont réelles.
Normalement, cela devrait se faire automatiquement car si vous avez subi une coupure d'une durée supérieure à cinq heures consécutives, Enedis devra vous dédommager sans temps perdu au téléphone ou sur Internet avec énérvement qui fait gonfler les veines, et ce grâce aux compteurs Linky.
Combien ? Bon, le truc est un peu compliqué à calculer, mais en gros, "vous percevrez 2 € hors taxes par kVA de puissance souscrite, pour chaque tranche de 5 heures de coupure".
Donc, voilà calculez, en ce qui concerne votre habitation.
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• En conclusion...
Nous sommes en 2026.
On va devoir très certainement affronter à l'avenir d'autres problèmes climatiques plus ou moins graves. On admet.
Mais... on n'est pas rassurés.
Franchement. C'est dit, c'est net.
Nous croyions être, sinon protégés, du moins efficacement assistés, mais entre les incendies, les tempêtes et tout le reste, on se rend bien compte que
les privatisations sauvages, engendrant de fait des gestions à la mords-moi-le-nœud, n'ont pas fini de créer de l'angoisse toxique dans nos petites cervelles troublées.
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