NE PAS OUBLIER :

 
 

les incendies recommenceront,
l'Etat sera t-il
alors prêt ?

 
   

 


PinsPon
,
au vu de son nom, ne pouvait faire moins que de suivre de près ce qui mine nos villages, les incendies, en évoquant le passé et l'avenir.
Voici donc un nouvel article qui se penche sur les feux de l'été 2026 en France, et plus particulièrement dans nos pins.
Plutôt que de faire un long article un peu bourratif, cette page vous présente des petits faits les uns après les autres, mais qui, du coup, sont très parlants.

En avant, détaillons, qualifions et peaufinons, sachant que le mot "MENTEURS" va souvent revenir dans ces lignes.

 
  • Soyons lucides  
 

 

Certains disent déjà qu'on va vite les oublier, ces feux de pas-joie et que tout ça passera à la trappe en loucedé.
Mais non, il y a eu 2022, puis 2026 et
les gens d'ici n'oublieront plus, ils ont eu trop chaud aux plumes et les flammes dans des pins trop serrés, ça recommencera, forcément.

  • Si, si, menteurs.  
 

 

Nos hommes politiques sont des menteurs.
Ils avaient promis des moyens, encore et encore, pour que les pompiers puissent lutter contre les incendies et...on a vu les résultats.

Des menteurs.

  • La boulette. Très grosse.  
 

 

En juillet 2026, la commune du Porge a bien morflé avec ses 180 et quelques maisons brûlées. Mais voilà, elle n’avait pas reçu d’ordre d’évacuation dans la nuit du vendredi 24 juillet. Par contre, 5 villages du Cap-Ferret avaient reçu cet ordre. Oh ?!
En effet, le dispositif FR-Alert n’a pas été déclenché. Kika n'a pas fait déclencher l'alerte au Porge ? La Préfète.

Dans une réunion le 26 août, face aux habitants du village, elle confirme en ajoutant que "c'était peut-être une bêtise". On vous laisse imaginer la colère dans l'assemblée, avec des gens qui ont tout perdu et en plus qui auraient pu perdre la vie.

     
   
 
Image Gimp et IA
 
  • Y'en a qui disent.  
 

 

Y'en a qui disent, surtout des politiques et des "spécialistes" qui défilent à la télévision, que ces incendies, ça fait du bien à la forêt au bout du compte. Bon, ben alors, y'en a qui disent n'importe quoi. Il faut des décennies pour que tout se reconstitue, la faune, la flore... Les incendies de 2022 de Landiras, par exemple sont encore visibles et on en a les mirettes affligées.
Y'en a qui disent...

  • Tu n'as qu'à serrer plus, Picsou.  
 

 

Quand un incendie se déclare dans nos pins, il ya plusieurs causes.
D'abord, la plupart du temps et très gros coupable, celui qui fout le feu, volontairement ou involontairement, par bêtise.
Il ya le manque de moyens des pompiers, donc pas responsable, l'Etat.
Y'a ceux qui n'entretiennent pas les forêts. Certains propriétaires des parcelles, pas tous. Oui, il y en a, quelle qu'en soit la raison.
Y'a ceux qui n'entretiennent pas autour de chez eux, les particuliers. Ceux-là, on leur met la honte, et en général, ce sont de bons boucs émissaires.

...Et enfin, y'a ceux qui plantent leurs pins tellement serrés qu'il faudrait se tortiller du cul parfois pour passer. Les propriétaires des parcelles. Tiens, ça fait deux fois qu'ils reviennent dans ce paragraphe, ceux-là. Tsss.

  • Question d'argent et de stupidité crasse  
 

 

Parler des incendies de cet été 2026 en Gironde et dans les Landes, c'est d'abord poser deux ou trois chiffres devant nos yeux consternés et encore larmoyants pour cause de fumées pénibles.

Si on le fait à la louche en essayant de récupérer les déclarations des politiques et des assureurs, ainsi que les professionnels du tourisme et les prévisionnistes, ces incendies auront coûté au minimum 1.5 milliards d'euros. Waow.

On ne compte même pas le coût carbone du massif parti en fumée, la perte de biodiversité, la décôte immobilière durable dans les zones brûlées (si, si, faut en parler), et la hausse à venir des primes d'assurance dans tout le massif des Landes de Gascogne. Le vrai coût économique complet, étalé sur les 20 ans que met un pin maritime à revenir à maturité, est probablement supérieur.

Bon parfait. Et ça coûte combien un Canadair ? 100 millions d'euros.

Eh bien voilà, on y est : avec ce qu'ont coûté ces incendies en cet été 2026 uniquement dans nos deux départements, Gironde et Landes, on aurait pu acheter 15 Canadairs ! Oui.
Allons, on n'en demandait pas tant, M. Attal vous qui êtes responsable de promesses non tenues, deux de plus auraient déjà été utiles, n'est-ce pas ?

Gouvernements de bras cassés.

  • On reparle du Porge ?  
 

 

Lecornu avait promis à l'époque que le problème des assurances serait réglé dans un mois, si, si. Deux mois après, les assurances traînent les pieds et les remboursements devront passer par une loi pas encore votée.
Menteurs.

  • Le Porge toujours...  
 

 

Désormais les terrains où se trouvent les maisons à reconstruire vont être classés en plusieurs zones, dont l'une empêchera toute reconstruction. Donc certains habitants se font éjecter de chez eux et c'est affligeant et vraiment triste de voir ces gens-là complètement assommés. Il n'y avait vraiment pas une autre solution passant par l'abbatage de pins, par exemple ? Ça touche certains intérêts ?
Gougnafiers.

  • Statégie landaise et doctrine Girondine  
 

 

On a pu lire qu'il y avait deux stratégies pour lutter contre les incendies, selon que ça se passe en Gironde ou dans les Landes.
"L'école landaise" préconise de rentrer dans le feu dès le début, de l'attaquer dès son départ "à la racine". En Gironde, il serait privilégié de protéger les maisons et les vies d'abord, d'attendre le feu au bord des routes, s'il le faut.
Les habitants du Porge ont malheureusement eu sans doute droit à une troisième stratégie, on vous laisse deviner laquelle et on a vu le résultat.

  • Cancers en cadeaux.  
 

 

A Léognan, au plus fort des incendies de l'été 2026, un habitant a trouvé 95 au lieu de 13.
95 quoi ? Sangliers en déroute ? Non, non, quelque chose de bien plus grave, il s'agit de la concentration de particules fines dans l'air, exprimée en microgrammes par mètre cube (µg/m³). 13, c'est en temps normal à Léognan et là, on trouvait 95 µg/m³.
La norme, c'est en général 8 à 10 µg/m³.
Bien, bien.
Et un pompier, il risque de se respirer quoi dans un incendie virulent vers chez nous ? eh bien, ça peut aller vite fait jusqu'à 2200 µg/m³ !
D'où maladies professionnelles avec cancers en veux-tu en voilà !
Et là, qui est responsable ? l'Etat ?
On en reparle plus bas ;)

 


Eh oui, bien sûr, après des incendies aussi dévastateurs et impressionnants que ceux de 2022 et 2026 dans nos pins, les maisons et immeubles perdent de leur valeur, faut pas se le cacher. En quelles proportions ?

Ce que montrent les études plus ou moins sérieuses

  • Il existe une décote après incendie, décôte souvent temporaire. Bon.
  • Une baisse de la côte beaucoup plus forte quand les feux se répètent : normal, au fond.

Ce qu'on sait pour la France

  • Le précédent girondin de 2022 : le marché local a d'abord été gelé, puis les délais de vente se sont allongés et les prix ont subi une pression. Une décote de 5 à 15 % est citée pour les biens en lisière de forêt ou en zone classée. Etudes à prendre avec des pincettes, mais c'est une réalité constatée sur le terrain.
  • Pour 2026, il est trop tôt : fin juillet, les courtiers jugeaient impossible de savoir où les prix résisteraient. Ça viendra.

Ce qui peut rendre la baisse plus durable

  • L'assurance : comme vous le savez peut-être, ami(e)s des pinèdes, l'incendie de forêt n'est pas couvert par le régime des catastrophes naturelles mais par la garantie incendie du contrat habitation. Le risque reste considéré comme assurable en France, mais l'assurance d'un prêt peut devenir plus difficile ou plus chère pour un bien à risque aggravé. Les assureurs ne sont pas non plus des altruistes, comme chacun peut le constater quand vous recevez votre facture de votre compagnie d'assurance adorée.
  • Les règles à venir : plus compliqué, un projet de loi envisagerait d'exiger qu'un bien soit "défendable" contre le feu avant de construire ou de reconstruire, ce qui pèserait salement sur les terrains concernés.

Ce qui joue en sens inverse, quand même...

Nos zones restent recherchées pour leur cadre (forêt, littoral), et c'est précisément ce qui expliquerait un rebond rapide observé dans d'autres pays (Californie, etc). Faut espérer.

Voilà, voilà, à suivre.

   
   
 

 

On continue ?
Allez, on continue.

  • Masques de carnaval.  
 

 

Comment se protégeaient les pompiers au niveau fumées toxiques ? Avec une cagoule... qui est en fait une protection en tissu contre la chaleur, pas un filtre : elle ne retient presque rien de ces saloperies de fumées.

Ces cagoules n'arrêtent ni les particules fines ni les composés chimiques des fumées de végétation, elles ne filtrent rien et de nombreuses études l'ont montré (Rapport du Sénat en mai 2024, etc.)
Il existe bien sûr un vrai équipement respiratoire, mais inutilisable en forêt : le truc pèse 16 kg et ne protège que 20 minutes.
Alors, les hommes et les femmes du feu bricolent, ils font ce qu'ils peuvent, comme ils peuvent.
En Gironde, les pompiers ont enfilé leur cagoule par-dessus un masque FFP2, un empilement très vite irrespirable près des flammes. Ces masques étaient fournis en quantité très limitée et ne résistaient bien sûr pas au feu.
Tout s'encrassait et même si chaque pompier partait en général avec deux cagoules de rechange, elles étaient saturées de suies toxiques au bout d'une journée.

On dit qu'il y a du matériel efficace qui existe, des prototypes disponibles depuis deux ans, mais aucun service départemental du Sud-Ouest ne l'a adopté, parce que soi-disant il pourrait se produire un coup de chaleur.

Vous savez quoi ? Beaucoup de pompiers ne partagent pas cet avis. Et eux, ils sont au coeur du problème, non ?

  • Eh vous savez quoi ?  
 

 

Lisez donc ce que Pins Pon écrivait il ya déjà quelques mois, en 2025,avant les incendies de l'Aude.
Et les pompiers que nous avions pu interroger à l'époque, ils savaient, eux
Comme quoi...

Notre article passé qui s'est
avéré être malheureusement
prémonitoire :
cliquez sur l'image
 

     
   
  Photo Fondation Assistance aux Animaux  

 

  • Les pompiers aimeraient bien...  
 

 

Donc, il ya eu les promesses du gouvernement, argent, base à Mont de Marsan, et blablabli et blabla.
En ces mois d'automne 2026, d'autres propositions arrivent. Mais avant de regarder ça, il faut plutôt s'intéresser à ce que demandent les pompiers, non ? Comme ça, après, on peut mieux se faire une idée, non ?

En fait, ce qu'ils demandent paraît tellement évident que vu de l'extérieur on se demande pourquoi ce n'était pas déjà la réalité.

Effectifs : il faudrait 21.000 professionnels de plus, et ce chiffre est tiré d'un rapport de l'Inspection générale de l'Administration. Parce que le volontariat, ça a ses limites, bien sûr.

Financement : sur plus de 6 milliards d'euros de budget, plus de 5 viennent des collectivités locales, et comme elles n'ont pas toutes le même budget, c'est bancal et il existe de fortes inégalités entre territoires.

Missions détournées : c'est pas franchement le taf des pompiers, à la base, mais les interventions ont augmenté de plus de 30 % depuis 2002 et 87 % relèvent du secours aux personnes. Les pompiers remplacent trop souvent, contre leur gré, des ambulances privées, par exemple.

Reconnaissance : la profession n'est pas reconnue "métier dangereux", et seuls 4 cancers sont reconnus comme maladies professionnelles.
Quoâââââ ?
Si pompier c'est pas dangereux et que c'est pas reconnu par l'Etat, alors on peut tout inventer : homme politique national, par exemple, on n'a qu'à dire que c'est pas un vrai métier. Ben si, pourquoi pas ? Remarquez, maintenant qu'on en parle...

Santé mentale : des banderoles de pompiers associaient parfois morts au feu, suicides et cancers. Vous savez quoi ? On n'a pas de mal à le croire, vu les images de folie qu'on a pu regarder cet été. Ces vagues de souffle brûlantes et destructrices qui t'arrivent dans la face, ce n'est pas humain.

Projet de loi décevant : le texte de modernisation de la Sécurité civile, qui a été présenté le 8 septembre, c'est un peu du pipeau, quand même. . Il fait l'impasse sur la santé et, petit détail significatif, les syndicats ont été reçus par le directeur général de la sécurité civile, pas par le ministre. Oui, oui... La petite porte.

Pompiers volontaires : la bonification de retraite votée en 2023 n'est appliquée que depuis le 1er juillet 2026 (3 ans !), sans rétroactivité, et ne permet pas de partir plus tôt au titre des carrières longues.

Etc, etc.

  • Ils mettent quoi sur la table ?  
 

 

On va rester très prudent avec ça, car on en est à se demander désormais ce qui sera tenu, ou pas. Quant on a affaire à des menteurs avérés, il faut se méfier. Voici ce qui est proposé actuellement par l'Etat :

Ce qui avait déjà été proposé.

  • Budget 2027 (présenté le 1er octobre et c'est uniquement pour l'année 2027) : relèvement de 0,9 point de la taxe sur les assurances automobiles, soit 200 millions d'euros pour les services d'incendie (le particulier va payer)
  • Crédits de la sécurité civile : hausse affichée de 25 % par rapport à 2026.
  • Entreprises sinistrées : un dégrèvement calculé selon la perte de chiffre d'affaires (encore une usine à gaz et les très grosses entreprises vont savoir en tirer les marrons du... feu)
  • Volontaires : indemnités horaires revalorisées par arrêté (c'est flou...)

Promis dans le projet de loi.

Ce sera une loi, donc pas limité dans le temps
Le texte doit être déposé au Parlement cet automne.
Selon le gouvernement, il contiendra :

  • Une programmation sur cinq ans : un milliard d'euros au total, à voter chaque année (donc, méfiance).
  • Constructions : la capacité d'un bien à être défendu contre le feu pourrait être exigée avant de construire ou de reconstruire (là encore, les particuliers vont en être de leur poche !).
  • Sanctions : peines renforcées contre les auteurs d'incendies.
  • Débroussaillement : obligations clarifiées et réellement contrôlées (il faudrait commencer par les pare-feux !).
  • Secours d'urgence : un schéma par département, piloté par le préfet, pour recentrer les pompiers sur l'urgence (ça ne fera pas de mal, vu ce qu'il s'est passé en Gironde).
  • Volontaires : 5 à 15 jours d'absence de droit par an chez leur employeur (bien, ça).
  • Communes : plans de sauvegarde généralisés.

 

En étant plus précis

Annoncé pour la saison 2027.

  • Moyens aériens : deux fois plus d'hélicoptères et d'avions légers loués, et des kits anti-feu pour les avions militaires A400M (ben, où est la base de Mont-de Marsan, encore disparue des radars ?)
  • Camions : un nouveau plan d'équipement pour remplacer les engins vieillissants.
  • Protection respiratoire : des travaux lancés, sans équipement annoncé (c'est répugnant, parce que pendant ce temps, les pompiers s'encrassent salement les poumons !).
  • Véhicules : un arrêté d'ici la fin de l'année pour alléger certaines normes.

La mission parlementaire, elle...

La mission parlementaire a proposé davantage, mais ce ne sont pas des engagements du gouvernement :
- un fond national contre les mégafeux,
- un crédit d'impôt pour le débroussaillement plafonné à 5000 euros,
- des distances précises (200 mètres autour des constructions).

  • Tout pour ma gueule.  
 

 

Au lendemain du départ du feu, Le sieur Bartherotte, ancien industriel dont vous trouverez des tas de renseignements sur le net, genre capitaine d'industrie comme on les aime tant (!) et possesseur de biens immobiliers au Cap-Ferret, lance l'abattage de pins, sur des terrains appartenant en partie à la commune et à l'Office National des forêts. Le chantier est financé par son association.
Le gars détruit des zones qui ne lui appartiennent pas, quoi.

Une association anti-corruption a alors porté plainte contre X le 19 août. Elle estime que le bonhomme s'est affranchi des règles, qu'il a d'abord protégé sa propriété, puis a fait ensuite pression sur les autorités pour obtenir une régularisation (ben, tiens !).
Il avait lui-même évoqué des interventions de son entourage remontant jusqu'à Brigitte Macron (Râââ, encore des Macron !), avant de préciser qu'il n'en était pas l'initiateur.

Il faut savoir qu'un autre coupe-feu était réalisé par la commune, plus haut dans la presqu'île, mais apparemment, ce type, là-bas, c'est lui qui décide.

Le Parquet de Bordeaux a ouvert fin août une enquête préliminaire, après un procès-verbal de l'Office National des Forêts pour "défrichement sans autorisation d'une forêt publique".
Faut pas se faire d'illusion, il s'en tirera bien et au Cap-Ferret, l'argent coulant à flot, circulez, il n'ya rien à voir.

  • ET pour finir, la QUESTION.  
 

 

La polémique du Porge est l'accusation, portée par des habitants de cette commune qui a malheureusement bien payé le prix du feu, d'avoir été sacrifiés pendant le méga-feu pour protéger le Cap Ferret.
Les autorités la démentent.
Evidemment.
Mais quand même, que peuvent penser d'autre les habitants du Porge, au regard des faits ?

Bien sûr, Le Premier ministre Lecornu a durci le ton le 1er août, jugeant la douleur des sinistrés instrumentalisée par des complotistes sur les réseaux sociaux.
Il a fait ça aussi pour les manifs des lycées. C'est son truc...

Merci pour avoir tenu le coup et réussi à lire toute cette page bien fournie
:)

 
   
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